Un matin comme tant d’autres. Vous préparez votre enfant, enfilez les chaussures, vérifiez le sac… et là, catastrophe : nez qui coule, joues rouges, un petit 38,3°C au thermomètre. Et la question surgit comme une alarme dans votre esprit : l’assistante maternelle peut-elle accueillir un enfant malade ?
Bienvenue dans la réalité de tous les parents ! Entre la culpabilité de poser un jour au travail et la peur de laisser un enfant contagieux, difficile de savoir sur quel pied danser. Dans cet article, on décortique pour vous la réglementation, les pratiques et les astuces pour bien gérer ces situations, sans stress ni improvisation.
Ce que dit la réglementation sur l’accueil d’un enfant malade
Commençons par le cadre légal. Spoiler : la réponse n’est pas si binaire que « oui » ou « non ».
Selon la Protection Maternelle et Infantile (PMI), une assistante maternelle agréée peut accueillir un enfant souffrant d’une maladie bénigne, à condition que son état de santé général le permette et qu’il ne présente pas de risque pour les autres enfants. En d’autres termes, tout dépend du type de maladie, de la fièvre, du comportement de l’enfant… et bien sûr, de ce que dit le contrat.
Une assistante maternelle peut refuser l’accueil si l’enfant est contagieux, trop fatigué ou nécessite une surveillance médicale rapprochée.
Les maladies généralement acceptées
Voici quelques exemples de maladies généralement tolérées chez les assistantes maternelles :
- Rhume léger sans fièvre importante
- Poussée dentaire avec fièvre modérée
- Conjonctivite non infectieuse
- Otite traitée avec un bon état général
En revanche, certaines affections impliquent automatiquement un refus, pour protéger les autres enfants, l’assistante maternelle elle-même et éviter la propagation :
- Gastro-entérite
- Grippe ou grippe A
- Varicelle, rougeole, scarlatine
- Conjonctivite purulente
- Covid-19 (évidemment !)
Tout dépend du contrat… et du bon sens
Eh oui, la clé est souvent là : dans ce fameux contrat de travail signé entre les parents et l’assistante maternelle. La majorité des contrats prévoit une clause spécifique sur l’accueil des enfants malades. Certaines assistantes acceptent de garder un enfant fiévreux (jusqu’à un certain seuil), d’autres refusent catégoriquement.
Le bon réflexe ? En parler dès l’entretien d’embauche et faire noter clairement la politique de l’assmat dans le contrat. Cela évite bien des tensions le jour où l’enfant a 39°C et que personne n’est dispo pour le garder.
Que faire en cas de doute ?
Avant de déposer votre enfant fiévreux, posez-vous ces questions simples :
- Est-il contagieux ?
- Est-il en forme ou apathique ?
- A-t-il besoin de médicaments ou de soins spécifiques ?
- L’assistante maternelle est-elle au courant de son état ?
Un simple appel à l’assmat peut suffire à trancher : elle connaît vos enfants, sait comment ils réagissent, et pourra vous dire si elle se sent en mesure de l’accueillir.
Les obligations de l’assistante maternelle
Elle n’est pas médecin, ni infirmière. Pourtant, certaines situations l’obligent à réagir rapidement :
- Prendre la température si l’enfant semble fiévreux
- Alerter les parents en cas d’aggravation
- Donner un médicament uniquement si une ordonnance est fournie
Légalement, elle ne peut administrer aucun traitement sans autorisation écrite des parents et ordonnance du médecin. Et même avec tout ça, elle peut refuser, si cela lui semble trop risqué.
Et en cas de maladie déclarée sur place ?
Il peut arriver qu’un enfant tombe malade pendant la journée. Dans ce cas, l’assistante maternelle doit :
- Isoler l’enfant si possible (dans un lit, au calme)
- Prévenir les parents immédiatement
- Demander qu’il soit récupéré dans un délai raisonnable
Le tout avec beaucoup de bienveillance, bien sûr. Pas question de paniquer ou de faire culpabiliser les parents.
Et les indemnités dans tout ça ?
Si l’enfant ne peut pas être accueilli en raison d’une maladie et que c’est le parent qui décide d’annuler l’accueil, alors le jour n’est généralement pas rémunéré, sauf si le contrat stipule le contraire.
Mais attention, si l’assistante maternelle refuse l’accueil sans raison valable (par exemple un simple rhume non contagieux), cela peut être considéré comme une rupture de contrat ou un non-respect des engagements.
Légalement, aucune loi n’impose à une assistante maternelle de garder un enfant malade. C’est une question d’accord entre les deux parties.
Prévention et communication : les maîtres-mots
La meilleure arme contre les conflits ? Une communication fluide et transparente. Parents et assistante maternelle doivent construire une relation de confiance, discuter régulièrement de la santé de l’enfant et anticiper les imprévus.
Quelques conseils pratiques :
- Remplir ensemble une fiche sanitaire complète en début de contrat
- Prévoir une clause maladie dans le contrat
- Prévenir dès les premiers symptômes
- Prévoir une solution de repli (congé, grand-parent, nounou occasionnelle…)
Rappelons-le : l’assistante maternelle n’est pas un plan B improvisé, mais une professionnelle qui accueille plusieurs enfants à la fois. Son rôle, c’est aussi de veiller à l’équilibre collectif et à la santé de tous les petits qu’elle garde.
Une anecdote pour illustrer ?
Clémence, assistante maternelle depuis 10 ans, nous confiait récemment : « Un jour, une maman me dépose son fils avec un mot du médecin disant qu’il a une angine virale mais pas contagieuse. Une heure plus tard, trois enfants sur cinq commencent à tousser… Depuis, je ne prends plus de risques. »
Cette histoire rappelle à quel point il est parfois difficile de distinguer une maladie bénigne d’un virus potentiellement explosif dans un petit groupe.
En résumé : accueillir ou non un enfant malade ?
Il n’y a pas de règle universelle. L’accueil dépend :
- Du type de maladie et de la contagiosité
- De l’état général de l’enfant
- Du contrat établi avec l’assistante maternelle
- Et surtout… du bon sens de chacun
Face à un enfant malade, mieux vaut parfois annuler une journée que risquer d’en contaminer cinq autres, ou d’épuiser son assistante maternelle.
L’assistante maternelle peut accueillir un enfant malade, mais ce n’est ni un droit automatique, ni une obligation. C’est une décision conjointe, fondée sur la confiance, la discussion et la responsabilité partagée.
Et vous, comment gérez-vous ces situations ?
Team « je garde mon enfant dès qu’il tousse » ou team « c’est juste un petit rhume » ? Dites-le-nous en commentaire. Parce qu’au fond, on est tous dans le même bateau… ou plutôt dans la même crèche !
